{"id":2923,"date":"2018-09-10T21:47:04","date_gmt":"2018-09-10T20:47:04","guid":{"rendered":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/?p=2923"},"modified":"2018-09-10T21:48:14","modified_gmt":"2018-09-10T20:48:14","slug":"millau-2017-ecotrail-2018-ultramarin-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/?p=2923","title":{"rendered":"Millau 2017- Ecotrail 2018 &#8211; Ultramarin 2018"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>2017-2018, Ultras DANTESQUES\u00a0!<\/strong><\/span><\/h1>\n<pre style=\"text-align: center;\">L'ultramarin en video :<a href=\"https:\/\/youtu.be\/SEmWh_t6A5M\"> Cliquez ICI<\/a><\/pre>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #339966;\">Millau<\/span><\/h4>\n<p>Petit Flashback<\/p>\n<p>30 Septembre, devant la mairie de Millau, l\u2019\u00e9quipe ACB au complet prend le d\u00e9part devant Mme Laura Flessel, Ministre des Sports, impressionn\u00e9e par toute cette foultitude de coureurs pr\u00eats \u00e0 en d\u00e9coudre avec les 100 bornes.<\/p>\n<p>Certains nous regardaient de travers, nous prenaient pour des fous furieux\u2026 Je confirme, il nous manque des vis dans le cerveau pour affronter MILLAU et ses difficult\u00e9s.<\/p>\n<p>Les Warriors sont l\u00e0 au complet\u00a0: Titi, Steph, Chang, Pascale, Bill, Erick, Georges, Ninja.<\/p>\n<p>Les accompagnateurs, Flo, Alain, nous attendaient au 7 i\u00e8me kilom\u00e8tre. En effet pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9, \u00a0le r\u00e8glement stipule que les v\u00e9los et les coureurs ne doivent pas prendre le d\u00e9part ensemble.<\/p>\n<p>Moi, Kirikou, le Ninja de l\u2019ACB et n\u00e9ophyte dans l\u2019\u00e2me dans cette distance, je n\u2019ai pris aucun risque et j\u2019ai donc pens\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait judicieux de prendre mes pr\u00e9cautions avant le d\u00e9part. J\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 la veille de me munir de mon KWAY.<\/p>\n<p>D\u2019 apr\u00e8s la m\u00e9t\u00e9o, le beau temps devait se transformer en d\u00e9sastre. D\u00e8s le d\u00e9part, j\u2019avais mon K-WAY, attach\u00e9 autour de la taille, j\u2019\u00e9tais persuad\u00e9 de son utilit\u00e9 lors de la course.<\/p>\n<p>Au bout de 7 kilom\u00e8tres, la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9clata, une pluie torrentielle s\u2019abattit sur nous. Le parcours jalonn\u00e9 d\u2019accompagnateurs depuis le 7i\u00e8me kilom\u00e8tre, tous en selle sur leurs v\u00e9los, changea aussit\u00f4t de physionomie. La fatigue caus\u00e9e par la pluie, les frottements des pieds dans les chaussures mouill\u00e9es, tout ce cocktail durcissait la course. Courir cette longue distance sans chaussures de rechange et en ayant les v\u00eatements et les chaussures compl\u00e8tement\u00a0 tremp\u00e9s,\u00a0 ce n\u2019\u00e9tait pas un cadeau. Mais on ne commande pas le beau temps comme pour une pizza. La m\u00e9t\u00e9o capricieuse nous rendit la vie dure, les ampoules, la chaleur, l\u2019humidit\u00e9, c\u2019\u00e9tait la panoplie des guest-stars ind\u00e9sirables. C\u2019est Millau qui va d\u00e9cider de notre sort\u2026<\/p>\n<p>J\u2019avoue que j\u2019ai eu quelques difficult\u00e9s \u00e0 courir les pieds mouill\u00e9s et \u00e0 lutter contre le froid pendant les 50 premiers kms.\u00a0 La pluie dura longtemps, des heures qui semblaient interminables.<\/p>\n<p>Alain, notre coach (Maitre Yoda), \u00e9tait aux aguets sur son v\u00e9lo pour temp\u00e9rer mes ardeurs car sentant que je courais derri\u00e8re Titi Le Boss, sans me rendre compte de ma vitesse trop rapide, il m\u2019informa que la course ne commen\u00e7ait r\u00e9ellement qu\u2019apr\u00e8s le 50 i\u00e8me km. Le message \u00e9tait pass\u00e9 et j\u2019ai pu g\u00e9rer ma course jusqu\u2019au ravitaillement de Saint-Affrique au kilom\u00e8tre 72 puis je repris confiance pour attaquer une des parties les plus difficiles car dot\u00e9es de mont\u00e9es dans l\u2019obscurit\u00e9 et dans la solitude sans accompagnateur.<\/p>\n<p>Avant la course j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 entendu parler de la fameuse \u00abB\u00eate du G\u00e9vaudan\u00bb. Dans l\u2019obscurit\u00e9, il y a eu des moments de doute sur son existence. Je me suis pos\u00e9 la question de savoir si le mythe pouvait devenir r\u00e9alit\u00e9, si cette b\u00eate n\u2019\u00e9tait pas en train de me poursuivre. J\u2019ai vu un panneau marqu\u00e9 \u00abG\u00e9vaudan\u00bb\u00a0et\u00a0 malgr\u00e9 la fatigue il fallait cavaler et finir ma course avant d\u2019\u00eatre d\u00e9gust\u00e9 comme un steak par ce molosse.<\/p>\n<p>Ce serait quand m\u00eame dommage et \u00abb\u00eate\u00bb\u00a0de quitter le Val d\u2019Oise pour courir l\u2019Ultra de Millau et de finir dans le ventre de la \u00abB\u00eate du Gevaudan\u00bb\u00a0! Voil\u00e0 une id\u00e9e pour un nouveau dessin anim\u00e9, genre \u00abKirikou et la b\u00eate du Gevaudan\u00bb\u00a0!<\/p>\n<p>Je n\u2019ai que des bons souvenirs de ce RUN, mon premier ULTRA que je bouclais en 11h 59min 59 secondes loin derri\u00e8re les autres coureurs aguerris de l\u2019 ACB.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais content d\u2019avoir fini, sain et sauf, sans blessures. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s content pour notre club qui avait align\u00e9 beaucoup de nouveaux coureurs sur cette distance.<\/p>\n<p><strong>Nous sommes centbornards\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Next challenge\u00a0!<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Le Grand RAID du Morbihan<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>Tes jambes \u00e0 ton coup tu prendras\u00a0en Juin !<\/li>\n<li><span style=\"line-height: 1.5;\">La coupe du monde t tu t\u2019en footeras, tu courreras\u00a0!<\/span><\/li>\n<li><span style=\"line-height: 1.5;\">Les rives obscures bretonnes tu affronteras \u00a0!<\/span><\/li>\n<li><span style=\"line-height: 1.5;\">Des foul\u00e9es dantesques dignes de l\u2019 Ecotrail \u00a0tu enverras !<\/span><\/li>\n<li><span style=\"line-height: 1.5;\">La nature bretonne tu dompteras\u00a0!<\/span><\/li>\n<li><span style=\"line-height: 1.5;\">Le tapis rouge breton tu fouleras\u00a0 avec tes \u00abFallettes\u00bb, Claire, Maty, Amina\u00a0!<\/span><\/li>\n<li><span style=\"line-height: 1.5;\">Les ampoules et les blessures tu soigneras\u00a0!<\/span><\/li>\n<li><span style=\"line-height: 1.5;\">Ma\u00eetre Yoda tu remercieras\u00a0<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p>Au moment ou j\u2019\u00e9crivais les lignes, j\u2019avais re\u00e7u le mail suivant\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Conseils de la vice-pr\u00e9sidente de l\u2019 Ultramarin\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>Bon courage \u00e0 tous ceux et celles qui se pr\u00e9parent \u00e0 un gros week end de rando course. L\u2019accumulation de ces heures d\u2019entra\u00eenement \u00e0 faible intensit\u00e9 vous rapproche des conditions de la course. Profitez en pour tester votre mat\u00e9riel et votre alimentation. Vous pourrez continuer \u00e0 renforcer vos fibres musculaires en adoptant l\u2019allure marche rapide, et vous aurez peut-\u00eatre \u00e0 g\u00e9rer les premiers d\u00e9sordres gastro-intestinaux. Ne n\u00e9gligez pas votre \u00e9quipement, surtout si vous avez une partie de nuit. Pr\u00e9parez votre itin\u00e9raire et n\u2019oubliez pas de pr\u00e9venir votre entourage. Munissez-vous de votre mat\u00e9riel de s\u00e9curit\u00e9 (couverture de survie,\u2026).Respectez votre allure \u00e0 faible intensit\u00e9. N\u2019oubliez pas que la vitesse moyenne du Grand Raid est d\u2019environ 6Km\/H ! Hydratez vous r\u00e9guli\u00e8rement. Vous pourrez partager quelques heures de rando avec des amis ou des membres de votre famille. Allez chercher vos limites, sans les d\u00e9passer, et apprenez \u00e0 mieux conna\u00eetre les r\u00e9actions de votre organisme. Ensuite vous pourrez profiter de 2 ou 3 jours de r\u00e9cup\u00e9ration bien m\u00e9rit\u00e9s. Bon week end.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>La messe \u00e9tait dite\u2026\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ce GRAND RAID DU MORBIHAN, \u00a0c\u2019est vraiment un SACRE MORCEAU\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s Milllau, on avait lanc\u00e9 l\u2019id\u00e9e de s\u2019inscrire pour les 177 kms du GRAND RAID du MORBIHAN. On en a discut\u00e9 sur la route en revenant de Millau. Bill, Georges, Pascal \u00e9taient tous partants,\u00a0 chauds bouillants.<\/p>\n<p>Une blague, un pari, une id\u00e9e\u2026.Je dirai simplement que l\u2019envie commen\u00e7ait \u00e0 na\u00eetre et \u00e0 germer dans nos t\u00eates. \u00a0La suite vous la connaissez, les 7 Warriors, les 7 mercenaires de l\u2019 ACB se sont inscrits\u00a0:<\/p>\n<p>Thierry, Chang, Stephane, Pascale, Georges, Ninja<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Yoda, Alain, notre Illustre coach n\u2019 avait pas tard\u00e9 \u00e0 peaufiner le plan d\u2019entra\u00eenement.<\/p>\n<p>J\u2019ai commenc\u00e9 mon entra\u00eenement par des sorties au Bois de Boissy et en for\u00eat de Montmorency et en compl\u00e9ment j\u2019ai suivi le groupe inscrit \u00e0 l\u2019 Ultramarin sur la piste du stade de Beauchamp.<\/p>\n<p>Comme il me fallait un Challenge \u00e9pic\u00e9 et piment\u00e9 avant l\u2019 Ultramarin, mon choix s\u2019\u00e9tait port\u00e9 sur les 80 kms de l\u2019 Ecotrail de Paris. Pour l\u2019avoir fait en 2011, je connaissais cette course qui est exigeante car la pr\u00e9paration en Hiver n\u2019est pas facile. Il fait nuit, il fait froid, l\u2019envie ou le d\u00e9go\u00fbt peuvent\u00a0 \u00eatre les pires amis ou ennemis de la pr\u00e9pa\u00a0!<\/p>\n<p>En parlant de l\u2019Hiver, cette ann\u00e9e, ce fut terrible pour l\u2019 Ecotrail. C\u2019\u00e9tait du \u00abLourd\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Le DANTESQUE<\/strong><\/p>\n<p>Surnomm\u00e9 \u00e0 juste titre par l\u2019organisateur et les m\u00e9dias \u00abLe DANTESQUE\u00bb, les bains de boue de Koh-Lanta \u00e0 c\u00f4t\u00e9 c\u2019est de la rigolade.<\/p>\n<p>Du jamais vu, des conditions terribles. Il y a eu beaucoup d\u2019abandons, de bless\u00e9s \u00e0 cause de la neige, de la boue, du vent.\u00a0 La veille, l\u2019organisateur nous a envoy\u00e9 un mail sur de\u00a0 graves d\u00e9gradations des conditions climatiques le jour de la course. Nous \u00e9tions pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>D\u00e8s le 22 i\u00e8me kilom\u00e8tre, apr\u00e8s le ravito de BUC, c\u2019\u00e9tait la \u00abfolie\u00bb, le vent glacial et la neige qui tombait fouettaient les visages et les corps meurtris. Toute la r\u00e9gion parisienne \u00e9tait touch\u00e9e.<\/p>\n<p>Je ne sentais plus mes doigts des mains pourtant emmitoufl\u00e9s dans mes gants et mon KWAY. Quant \u00e0 mes orteils, ils \u00e9taient tout le temps immerg\u00e9s dans la boue qui s\u2019\u00e9tait form\u00e9e sur le parcours \u00e0 cause des coureurs du 45 kms qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s. Ils ont bien labour\u00e9 et pr\u00e9par\u00e9 le terrain pour nous. Il y avait de l\u2019eau et de la boue partout. La boue me r\u00e9chauffait les pieds et j\u2019avais tellement froid que courir devenait presque impossible. De toutes les fa\u00e7ons, il me fallait g\u00e9rer ma course avec pr\u00e9caution sans blessures car il neigeait des heures sans discontinuer.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019on arrivait aux ravitos, on ressemblaient \u00e0 des fant\u00f4mes sortis de l\u2019 Enfer. \u00a0Ahh\u00a0 oui, je peux vraiment dire que voir des norv\u00e9giens marcher derri\u00e8re moi et se plaindre du froid et des conditions de cette course, \u00e7\u00e0 ne se voit pas tous les jours\u2026 Tout le monde avait froid.<\/p>\n<p>Dans la boue \u00e9paisse, lors des descentes, nos chaussures s\u2019enlevaient. Gr\u00e2ce aux frontales, on prenait le temps de les rechercher. Un coup c\u2019\u00e9tait le pied droit, un coup le pied gauche. Un \u00abtruc de fou\u00bb\u00a0!\u00a0Perdre ses pompes dans de la boue, \u00e7\u00e0 pompe l\u2019 air\u00a0! Beaucoup en avait marre de cette boue, des racines et des ronces enfouies au fond des eaux boueuses d\u00e9fonc\u00e9es par les chaussures.<\/p>\n<p>La famille s\u2019inqui\u00e9tait pour moi car sur le site Internet, je n\u2019\u00e9tais pas sur la liste des partants. Un bug informatique. Au ravito du kilom\u00e8tre 56, j\u2019ai appel\u00e9 la famille pour les rassurer. Ils m\u2019ont demand\u00e9 si j\u2019allais abandonner la course\u2026 si j\u2019allais finir\u00a0! La r\u00e9ponse \u00e9tait OUI car c\u2019\u00e9tait l\u2019objectif \u00e0 atteindre, donc il\u00a0 fallait se donner les moyens.<\/p>\n<p>Depuis le premier ravitaillement, dans ma t\u00eate, il me fallait mon \u00abFlow\u00bb. J\u2019ai l\u2019habitude, je pense tout le temps \u00e0 ce \u00abFlow\u00bb, je dois rechercher cet \u00e9tat mental qui me booste et qui me pr\u00e9pare aux pires conditions. Je me parle, je pense \u00e0 ma famille, je reste concentr\u00e9. J\u2019\u00e9carte les mauvaises pens\u00e9es,\u00a0 je me m\u00e9fie du doute. A ce moment pr\u00e9cis, la recherche du \u00abPositif\u00bb est comme une qu\u00eate spirituelle pour le d\u00e9passement de soi. \u00a0Lorsque je ressens ce Flow, je ne pense plus qu\u2019\u00e0 la ligne d\u2019arriv\u00e9e. M\u00eame le \u00abN\u00e9ant\u00bb devient inexistant \u00e0 cet instant pour moi. Mes pieds ne courent plus, ils ne font que suivre les ordres de mon cerveau qui g\u00e8re la fatigue. Le lactique s\u2019\u00e9limine en alternant la marche et la course. Il n\u2019y a pas de honte \u00e0 marche quand le besoin se fait sentir. Cela fait partie int\u00e9grante de la gestion de la fatigue qui transforme l\u2019adr\u00e9naline en s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. C\u2019est mon cerveau qui court, c\u2019est difficile \u00e0 expliquer, mais c\u2019est mon avis, c\u2019est ce que je ressens. Certaines personnes non adeptes de Sport diront que nul besoin de courir pour attraper \u00abze Flow\u00bb et qu\u2019il suffit de s\u2019agglutiner au lit avec sa dulcin\u00e9e pour le ressentir. Ehhh oui\u2026 Pas besoin de faire des s\u00e9ances de c\u00f4tes en for\u00eat de Montmorency si d\u2019autres for\u00eats sont plus proches moins denses et plus faciles \u00e0 gravir\u2026 Mon flow, c\u2019est dans la course, dans la lutte perp\u00e9tuelle pour atteindre la ligne d\u2019arriv\u00e9e.<\/p>\n<p>Bref, j\u2019ai g\u00e9r\u00e9 ma course arm\u00e9 de courage et de boue pour finir mes 80 Kms en 12H 15 minutes au premier \u00e9tage de la tour Eiffel qui croulait sous la neige et le froid. Le directeur de la course m\u2019a embrass\u00e9, serr\u00e9 contre sa poitrine pour me r\u00e9chauffer un instant et me remercier. J\u2019\u00e9tais frigorifi\u00e9. Je tremblais. La bi\u00e8re coulait \u00e0 flots, offerte \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e par les organisateurs. Je n\u2019\u00e9tais pas int\u00e9ress\u00e9, je cherchais plut\u00f4t l\u2019ascenseur pour descendre de la tour et rejoindre ma famille. Me d\u00e9barrasser des chaussures et prendre une bonne douche, voil\u00e0 les r\u00eaves qui trottinaient dans mon cerveau. J\u2019\u00e9tais dans un \u00e9tat pitoyable. Je ne ressemblais \u00e0 Rien \u2026 euhhhh, \u00a0je ne sais vraiment pas \u00e0 qui, \u00e0 quoi\u2026<\/p>\n<p>Claire et ma fille Maty \u00e9taient venues me chercher, ravies de me voir, mais se demandaient s\u2019il fallait vraiment me laisser rentrer dans la voiture dans cet \u00e9tat\u2026 Pourtant dans ma t\u00eate j\u2019\u00e9tais une Beaut\u00e9 divine, p\u00e9tri de boue, mais pr\u00eat pour un d\u00e9fil\u00e9 de mode \u00e0 la Tour Eiffel. Les gens de KOH-LANTA d\u00e9filent sur les plateaux de t\u00e9l\u00e9vision, pourquoi pas moi, coureur des boues et des bouses\u00a0!<\/p>\n<p><strong>\u00a0Ehhh oui,cet Ecotrail, \u00a0j\u2019y \u00e9tais.<\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes en Avril, la pr\u00e9paration de la Bretagne continue.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un repos bien m\u00e9rit\u00e9, je me suis remis en piste. L\u2019objectif \u00a0breton s\u2019approchait de jours en jours. La semaine, la piste du Stade de Beauchamp me tendait les bras. Les sorties en for\u00eat s\u2019encha\u00eenaient. D\u00e8s que je pouvais, avec quelques pr\u00e9cautions, j\u2019y allais par tous les temps, le soir, la nuit. Le ch\u00e2teau de la chasse, les \u00e9tangs, les c\u00f4tes, les c\u00f4tes, les sangliers, les chiens mordeurs (j\u2019ai \u00e9t\u00e9 mordu en F\u00e9vrier 2015 \u00e0 Montmorency) les cerfs, les \u00e9cureuils&#8230;un univers de r\u00eave pour un amoureux de la nature.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #008000;\">ZE DAY\u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #008000;\"><u>Vendredi 29 JUIN 2018<\/u><\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #008000;\">Ce jour tant attendu est arriv\u00e9. On y est.<\/span><\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes arriv\u00e9s la veille et apr\u00e8s avoir r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 notre fille Amina en classe de Mer \u00e0 Sarzeau, direction le port de Vannes pour le dossard. L\u2019\u00e9quipe ACB nous rejoignit dans un caf\u00e9 o\u00f9 nous avons eu le temps de boire un caf\u00e9 et de regarder un peu \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision la d\u00e9faite de l\u2019\u00e9quipe du S\u00e9n\u00e9gal face \u00e0 la Colombie en Coupe du Monde.<\/p>\n<p>Le dossard en poche, direction le g\u00eete situ\u00e9 \u00e0 La Vraie Croix.<\/p>\n<p>Il faisait tr\u00e8s chaud, plus de 30 degr\u00e9s.<\/p>\n<p>La fin de l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e9tait calme\u00a0: repos, repos, repos. Certains avaient choisi l\u2019option Piscine et d\u00e9tente. Pour d\u2019autres, c\u2019\u00e9tait l\u2019heure de la sieste obligatoire pour \u00e9vacuer Ze stress.<\/p>\n<p>Le soir, sous la chaleur bretonne la Team ACB TRAILERS commen\u00e7a par un petit ap\u00e9ritif raisonnable.<\/p>\n<p>Il fallait boire, boire, boire\u2026 de l\u2019eau.<\/p>\n<p>Vers 21H, les pr\u00e9paratifs \u00e9taient termin\u00e9s pour se mettre en mode Ultra, le Kamel bag, le sac de mi-course. Tout \u00e9tait pr\u00eat avant d\u2019aller au lit. La nuit a \u00e9t\u00e9 calme, je tournais dans le lit \u00e0 cause de la chaleur. Je n\u2019ai pas bien dormi comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e avant une course. Ca cogite. Beaucoup de pens\u00e9es.<\/p>\n<p>La matin\u00e9e \u00e9tait vite pass\u00e9e.\u00a0 Vers 13H, avec Georges, affal\u00e9 chacun sur son transat, nous avons voulu faire une mini-sieste devant la piscine mais impossible de fermer l\u2019\u0153il. Il fallait \u00eatre pr\u00eat avant 15H 30 pour prendre la direction de l\u2019Inconnu\u00a0: le Grand RAID.<\/p>\n<p>L\u2019ambiance sur le port de Vannes \u00e9tait remont\u00e9e d\u2019un cran \u00e0 la bretonne. La musique, les orchestres, les d\u00e9guisements de nos h\u00f4tes organisateurs, tout \u00e9tait \u00e0 la bretonne. Je kiffe.<\/p>\n<p>Les s\u00e9ances photos termin\u00e9es, suivirent les bisous, les c\u00e2lins et les derniers pr\u00e9paratifs all\u00e8rent vite devant les familles et les fans venus nombreux voir ces fous furieux d\u00e9fier la chaleur bretonne. Il faisait une chaleur terrible et le lendemain les pr\u00e9visions de la m\u00e9t\u00e9o \u00e9taient pire\u00a0: 34 degr\u00e9s<\/p>\n<p>Vers 17H 40, la fanfare bretonne entama la musique celte envoutante du GRAND RAID. Les sons stridents des instruments de musique celte me rappelaient les d\u00e9fil\u00e9s du Festival de Lorient ou les gens endimanch\u00e9s se pavanaient dans les rues. Nous, ce sera dans la Pampa bretonne \u2026<\/p>\n<p>Ce c\u00e9r\u00e9monial breton \u00e9tait apaisant et me faisait du bien. J\u2019avais l\u2019impression d\u2019assister \u00e0 la rentr\u00e9e des boxeurs dans le ring.<\/p>\n<p>S\u00e9ance Photos, derniers conseils du Coach Alain, et nous voil\u00e0 partis. Ca y est.<\/p>\n<p>Un petit virage rapide sur les quais du port de Vannes pour nous faire acclamer par nos fans et\u00a0 nous voil\u00e0 sur les chemins bretons. Les bretons \u00e9taient \u00e0 l\u2019ap\u00e9ro (pas tous\u00a0! Les vrais).<\/p>\n<p>Saucisses, bi\u00e8res, Breiz-Cola (no comment, j\u2019ai pas aim\u00e9 cette boisson que je ne conseille pas de boire au ravito). Ca sentait la f\u00eate, mais pour nous \u00e7\u00e0 sentait le roussi.<\/p>\n<p>Ma vitesse de course n\u2019\u00e9tait pas \u00e9lev\u00e9e.\u00a0 Les consignes de Thierry \u00e9tait respect\u00e9e \u00e0 la lettre\u00a0: ne pas aller vite, rester calme et zen, marcher quand il le fallait, bien regarder les balises du parcours.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019au semi-marathon tout allait bien. Mais \u00a0le passage dans l\u2019eau \u00e0 mar\u00e9e basse \u00e0 ARRADON fit des d\u00e9g\u00e2ts.<\/p>\n<p>Je marchais en titubant dans ces algues sales et beurrrk beurkkk. Je n\u2019\u00e9tais pas le seul \u00e0 r\u00e2ler. Quelque chose d\u2019ind\u00e9cent de malpoli et de d\u00e9gueulasse me chatouillait les pieds. J\u2019aurais aim\u00e9 les voir ces bestioles qui se cachaient\u00a0: m\u00e9duses (j\u2019en suis m\u00e9dus\u00e9\u00a0!!!!)), ours bretons,\u00a0 p\u00eacheurs bretons \u00e9nerv\u00e9s par cette course, poissons bretons, j\u2019en sais rien mais je les d\u00e9teste tous,\u00a0 pire que la b\u00eate du G\u00e9vaudan.<\/p>\n<p>Les rochers tranchants cach\u00e9s au fond de l\u2019eau nous d\u00e9chiraient les pieds. C\u2019\u00e9tait horrible ce passage. Etait-ce fait expr\u00e8s par les organisateurs ou par les bretons\u00a0? That is the question\u00a0! Je pensais qu\u2019ils \u00e9taient gentils les bretons mais l\u00e0, \u2026le summum du supplice. Ils auraient pu nous envoyer leurs \u00abD\u00e9m\u00e9nageurs Bretons\u00bb \u00a0pour la travers\u00e9e, eux qui se r\u00e9clament les meilleurs sp\u00e9cialistes au monde\u00a0! En ce lieu-dit d\u2019 ARRADON les courageux coureurs auraient sans doute eu besoin d\u2019entendre fredonner \u00abLib\u00e9rezzzzzz,\u00a0 D\u00e9livrezzzzzzzzz, na na na na na naaaa\u00a0!!!! M\u00eame pas eu droit \u00e0 cette chanson.<\/p>\n<p>En toute sinc\u00e9rit\u00e9, je veux bien refaire cet\u00a0 UTRA MARRANT mais pas avec des bestioles affam\u00e9es par le ramadan, tapies au fond des eaux, bouffant les pieds des pauvres coureurs sans aucune excuse, m\u00eame pas merci pour service rendu apr\u00e8s s\u2019\u00eatre bien gav\u00e9es de nos peaux\u2026<\/p>\n<p>Sorti de l\u2019eau il fallait enlever le sable, s\u00e9cher les pieds avant de remettre les chaussettes et les chaussures. J\u2019avais une incision ensanglant\u00e9e sous le pied due aux rochers tranchants.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais avec Georges, on se demandait quelles surprises ou spectacles nous attendaient apr\u00e8s ce passage d\u00e9lirant.<\/p>\n<p>Nous sommes repartis mais la reprise f\u00fbt dure. J\u2019avais mal car je commen\u00e7ais \u00e0 sentir les ampoules qui gonflaient sous mes pieds. D\u00e8s que je courais je les entendais se percer. La blessure due aux rochers me chatouillait la plante des pieds. Je serrais les dents, reprenais mon souffle.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me mar\u00e9e apr\u00e8s ARRADON fit encore plus de d\u00e9g\u00e2ts. Le sel, le sable, les algues et\u00a0 l\u2019eau\u2026 tout ce cocktail avait tendance, sous la chaleur caniculaire, \u00e0 provoquer des blessures g\u00eanantes.<\/p>\n<p>Je savais que Les Fallettes (Claire, Maty et Amina) et les fans de l\u2019ACB nous attendaient au deuxi\u00e8me ravito de Baden. \u00a0J\u2019\u00e9tais content de les voir. Ils \u00e9taient beaux et propres. J\u2019ai pu me sustenter avant de repartir boost\u00e9 et gonfl\u00e9 \u00e0 bloc. \u00a0Manger et\u00a0 boire c\u2019\u00e9tait la seule issue pour avoir des ressources et compenser le handicap des douleurs et des ampoules.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019au ravitaillement du kilom\u00e8tre 52, LE BONO, j\u2019ai pu g\u00e9rer tranquillement ma course en respectant mes consignes\u00a0: boire, boire, boire, s\u2019asperger d\u2019eau sur les bras la t\u00eate, tout le corps.<\/p>\n<p>A ce ravito, je suis tomb\u00e9 sur Thierry. J\u2019ai pris du temps pour me restaurer sans me rendre compte qu\u2019il s\u2019\u00e9tait volontairement arr\u00eat\u00e9 et qu\u2019il avait abandonn\u00e9. J\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019il blaguait, mais il \u00e9tait s\u00e9rieux. C\u2019est un Vrai Warrior\u00a0! Ze Boss\u00a0! Pour qu\u2019il abandonne, c\u2019est que ce n\u2019\u00e9tait pas son jour, c\u2019est que \u00e7\u00e0 n\u2019allait vraiment pas. Tout \u00e9tait possible, des probl\u00e8mes gastriques, la chaleur, les ampoules\u2026 etc<\/p>\n<p>Mais Il y en aura d\u2019autres, Warrior et tu en as fait des plus dures des courses.<\/p>\n<p>J\u2019ai beaucoup pens\u00e9 \u00e0 lui, et \u00e0 tous les autres amis de l\u2019ACB face aux conditions extr\u00eames que nous avons eues.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que je suis reparti de BONO, pour passer ma douce nuit dans l\u2019obscurit\u00e9 (pourtant j\u2019en avais des\u00a0 ampoules, mais sous le pieds\u00a0, lol ).\u00a0 Heureusement j\u2019avais une frontale et une ventrale.<\/p>\n<p>Le Samedi matin ce fut l\u2019embarquement \u00e0 Guilvin pour la travers\u00e9e en bateau vers Locmariaquer au km 82. Il commen\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 faire chaud surtout avec nos gilets de sauvetages enfil\u00e9s sur les couvertures de survie. Je ressemblais \u00e0 un cosmonaute russe.<\/p>\n<p>Les Fallettes m\u2019attendaient au ravito d\u2019 ARZON ou j\u2019ai failli p\u00e9ter les plombs. Mais pourquoi me direz-vous\u00a0?<\/p>\n<p>Une histoire de fou, ou \u00abUn truc de oufalaFallou\u00bb\u00a0: pas de sac de rechange<\/p>\n<p>En effet, \u00e0 ARZON, comme tous les autres coureurs je m\u2019attendais \u00e0 pouvoir me changer, mettre de nouvelles chaussettes et chaussures anti-ampoules. Mais lorsque les organisateurs m\u2019ont dit que mon sac de change \u00e9tait rest\u00e9 \u00e0 VANNES, ce fut le choc. J\u2019\u00e9tais sale et tremp\u00e9 de sueur, de sel, de sable partout. Et l\u00e0 je devais repartir dans cet \u00e9tat lamentable avec mes ampoules et mes pieds emball\u00e9s dans mes\u00a02 bandanas ? J\u2019ai encaiss\u00e9 le coup rapidement, mes enfants \u00e9taient l\u00e0, me regardant d\u2019un air triste. Il fallait comprendre que le chemin restant vers VANNES serait long et dur.<\/p>\n<p>Les Fallettes me regardaient. Pauvre Papa, devaient penser Amina et Maty\u00a0! J\u2019 \u00e9tais \u00e9c\u0153ur\u00e9 et le moral au fond des chaussettes..<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais pensif. Les id\u00e9es d\u00e9filaient dans ma t\u00eate. J\u2019ai un peu r\u00e2l\u00e9 sur cette organisation bizarre. (Au final il se trouvait que l\u2019endroit ou mon sac \u00e9tait d\u00e9pos\u00e9 sur les gradins \u00e0 Vannes \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 aux retours\u00a0!<\/p>\n<p>Vous allez comprendre en lisant ce post d\u2019un trailer\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0un coureur doudouX a \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>J&rsquo;ai d\u00fb rester 2h30 \u00e0 Arzon parce que quand je suis arriv\u00e9 pour aller \u00a0chercher mon sac, on m&rsquo;annonce qu&rsquo;il n&rsquo; \u00e9tait pas l\u00e0 et pour faire court, les 3 personnes qui s&rsquo;en occupaient n&rsquo;en avait rien \u00e0 faire. On m&rsquo;a juste dit \u00ab\u00a0vous \u00eates pas le seul\u00a0\u00bb. J&rsquo;\u00e9tais alors au 36eme de sous.\u00a0 J&rsquo;attendais ce sac avec les rechanges, une autre paire de pompe et surtout mon short compressif (mes cuisses souffraient pas mal). Et apr\u00e8s plus de 13h d&rsquo;effort, j&rsquo;\u00e9tais incapable de r\u00e9agir et de me battre avec cette organisation qui ignorait totalement ma d\u00e9tresse. Je pensais \u00e0 l\u2019abandon&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Bref, le plateau de repas me redonna de l\u2019espoir\u00a0: soupe (double ration), jambon, p\u00e2tes, fromage, pommes, p\u00e2tes de fruit, fruits secs\u2026 caf\u00e9<\/p>\n<p>Pour att\u00e9nuer les douleurs au niveau des pieds, comme je n\u2019avais pas de change, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019enlever mes 2 bandanas et de les utiliser pour envelopper les ampoules sous chaque pied, histoire de faire tampons lorsque je courais ou marchais. J\u2019avais aussi mes chaussettes mais elles \u00e9taient devenues inefficaces face aux ampoules.<\/p>\n<p>C\u2019est dans un tel \u00e9tat que je suis reparti du gymnase d\u2019 ARZON boost\u00e9 et beaucoup plus d\u00e9termin\u00e9 plus que jamais \u00e0 relever le d\u00e9fi. En sortant du Gymnase, je me suis dit, vas-y, fonce, c\u2019est dans la t\u00eate.<\/p>\n<p>A ce moment-l\u00e0, j\u2019ai ressenti le FLOW qui me transcendait et qui, comme dans une sorte de transe, remuait mon corps d\u00e9muni. Il me le fallait. Mon organisme \u00e9tait affaibli et d\u00e9muni.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais en extase, et j\u2019ai pu g\u00e9rer pour rejoindre Sarzeau ( d\u00e9part de la course du 56 km) o\u00f9 j\u2019\u00e9tais ravi de croiser vers 17H Nathalie et Agn\u00e8s accompagn\u00e9es de Claire.<\/p>\n<p>L\u2019apr\u00e8s-midi du Samedi f\u00fbt chaude, 33 degr\u00e9s. Je buvais, m\u2019aspergeais d\u2019eau sur les bras, la t\u00eate.\u00a0 Au bord d\u2019une route, un gentil Seigneur breton m\u2019 avait offert du melon que je pris le temps de d\u00e9guster car il faisait vraiment chaud. Que du Bonheur..<\/p>\n<p>Au ravito du Hezo, kilom\u00e8tre 135, des douleurs apparaissent au niveau du mollet droit. Tout le reste \u00e9tait nickel. Je mange, je bois, je mange, je bois et je repars.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me nuit commen\u00e7ait. Et pour la deuxi\u00e8me fois ce sera une nuit blanche.<\/p>\n<p>Entre NOYALO et SENE, je me suis incrust\u00e9 dans un groupe. Nous marchions tous ensemble et arriv\u00e9 dans un chemin nous ne voyions plus les balises du parcours. Rien\u2026 Nous avons pris un chemin, celui qui semblait logique. Au bout d\u2019un quart d\u2019heure de marche, il fallait faire demi-tour, repartir, s\u2019arr\u00eater, r\u00e9fl\u00e9chir\u2026 La pluie commen\u00e7ait. Le tonnerre de Zeus, les \u00e9clairs. Le ciel grondait.<\/p>\n<p>Par terre, aucune trace de balise. En pers\u00e9v\u00e9rant, nous avons fini par trouver la balise. La pluie tombait petit \u00e0 petit, puis s\u2019intensifiait. Les orages \u00e9taient annonc\u00e9es la veille par M\u00e9t\u00e9o France, c\u2019est pour \u00e7\u00e0 il fallait absolument arriver avant la nuit de Samedi \u00e0 Dimanche. Fastoche \u00e0 dire\u2026 avec mes ampoules, mon contrat c\u2019\u00e9tait la ligne d\u2019arriv\u00e9e. Il pleuvait des cordes et en prime, du tonnerre, des \u00e9clairs, des torrents d\u2019eaux et de cailloux qui d\u00e9valaient les pentes des chemins bretons. Je me suis abrit\u00e9 sous un buisson. J\u2019y suis rest\u00e9 longtemps soufflant dans mes deux mains coll\u00e9es pour me r\u00e9chauffer. Je tremblais mais recroquevill\u00e9 je ressentais moins le froid. Lampes frontales allum\u00e9es je ne voyais presque personne passer. Certains devaient dormir ou \u00e9taient en hypothermie..<\/p>\n<p>Je pense que beaucoup de coureurs comme moi s\u2019\u00e9taient arr\u00eat\u00e9s. Il \u00e9tait presque 3H du matin.<\/p>\n<p>Je luttais contre les gouttes d\u2019eaux qui ruisselaient sur moi. Au contraire j\u2019avais besoin de me r\u00e9chauffer. Je claquais des dents. Je soufflais encore plus fort dans mes mains sous ma combi de survie.<\/p>\n<p>Au bout d\u2019une heure presque la pluie ne cessant pas j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de repartir avec un groupe jusqu\u2019au ravito de SENE. Il restait une vingtaine de kilom\u00e8tres avant VANNES me disais-je\u00a0en mangeant !<\/p>\n<p>Je \u00a0ressors du Gymnase sous la pluie et, mine de rien, \u00e7a me fait revivre ! Ca change des fortes chaleurs de la journ\u00e9e et m\u00eame l\u2019eau n\u2019avait plus aucun go\u00fbt car trop r\u00e9chauff\u00e9 sous ce cagnard\u00a0 entre deux ravitos &#8230; Heureusement j\u2019en avais gard\u00e9 de l\u2019eau et j\u2019avais aussi mes fruits favoris\u00a0: des pommes. Tout allait bien.<\/p>\n<p>La petite matin\u00e9e de Dimanche pointait le bout de son nez. Lueurs d\u2019espoir, lever du soleil. Je sentais que la fin \u00e9tait proche. Cette partie sans ravitaillement \u00e9tait calme. Lever une jambe devenait de plus en plus difficile. Aucun moyen d\u2019avoir de l\u2019eau. Le bretons \u00e9taient dans les bras de Morph\u00e9e. Ils prenaient plaisir \u00e0 roupiller ou ronfler dans leurs lits \u00e0 l\u2019horizontal. Pour moi, toujours \u00e0 \u00a0la vertical depuis Vendredi je recherchais \u00e0 l\u2019horizon le port de Vannes. Vivre cette course en pensant pouvoir dormir serait un supplice pour moi car j\u2019aurais \u00e9t\u00e9 incapable de dormir ou m\u00eame de faire une sieste aussi petite qu\u2019elle soit.\u00a0 Certains y arrivent. D\u2019autres NON.<\/p>\n<p>Le Samedi sous le cagnard, dans certaines\u00a0 for\u00eats, j\u2019ai vu des coureurs mal \u00e0 l\u2019aise, vomissant, affal\u00e9s.\u00a0 Je proposais mes comprim\u00e9s anti-vomitifs. Rien \u00e0 faire ils d\u00e9liraient, parlaient tout seuls. Le soleil brulait les voix, ils n\u2019arrivaient pas \u00e0 me parler. Je partais quand je sentais que la personne avait besoin d\u2019\u00eatre seule, de dormir. Je ne m\u2019imagine pas dormir sous cette chaleur.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9part, ma devise\u00a0f\u00fbt :<\/p>\n<ul>\n<li>foncer, arriver \u00e0 vaincre la douleur et les doutes en mangeant mais surtout en buvant beaucoup d\u2019eau (pas de Breiz Cola\u00a0! Titi m\u2019avait pr\u00e9venu, il avait raison).<\/li>\n<li>finir en bon \u00e9tat, bien finir sans traumatismes, sans s\u00e9quelles.<\/li>\n<\/ul>\n<p>C\u2019\u00e9tait un risque de dormir. Je ne voulais pas prendre de risques. Pour toutes ces raisons j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 laisser au g\u00eete ma montre \u00abTom-Tom Runner\u00bb. Je me repairais sur mon \u00abRoad MAP\u00bb.<\/p>\n<p>Le port de Vannes \u00e9tait visible mais c\u2019est trompeur. Au loin \u00e0 l\u2019aube, c\u2019est presque le bout du monde ! Oui au loin o\u00f9 j\u2019aper\u00e7us les Fallettes\u00a0: Claire, Maty, Amina J\u2019\u00e9tais le plus heureux des coureurs, peut-\u00eatre, le seul avec Tchang ayant eu le privil\u00e8ge de finir le Grand RAID 177 sur le tapis rouge avec ses 3 Fallettes\u00a0!<\/p>\n<p>Merci \u00e0 mes trois amours, Claire, Maty, Amina\u00a0! Kiss Love\u00a0!<\/p>\n<p>Merci \u00a0\u00e0 ALAIN Ma\u00eetre Yoda \u00a0!<\/p>\n<p>Sp\u00e9ciale d\u00e9dicace aux Warriors Trailers de l\u2019 ACB. Il y en aura d\u2019autres pour Titi, St\u00e9ph, Pascale, Georges Bill,<\/p>\n<p>Merci aux soutiens accompagnateurs infatigables qui nous ont soutenus des mois, des jours, des nuits, des heures, pour ce beau d\u00e9fi que j\u2019ai essay\u00e9 avec humilit\u00e9 de relever.<\/p>\n<p>F\u00e9licitations \u00e0 tous ceux de l\u2019ACB qui sont all\u00e9s \u00e0 l\u2019 ULTRAMARIN de BRETAGNE pour accompagner, marcher, courir (finisseurs ou pas, pas d\u2019importance).<\/p>\n<p>Bravo \u00e0 ceux qui ont d\u00e9fonc\u00e9 le 80 kms (Erick, Sylviane) et ceux qui ont atomis\u00e9 le 56 kms (Agn\u00e8s, Nathalie, Yannick)<\/p>\n<p>Des moments comme ceux que nous avons v\u00e9cus dans ce g\u00eete, ce sera un souvenir ind\u00e9l\u00e9bile.<\/p>\n<p>Voir toutes ces g\u00e9n\u00e9rations jouant dans la piscine, c\u2019est beau.<\/p>\n<p><span style=\"color: #993366;\"><strong>Kiss Run Love<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #993366;\"><strong>FALLOU<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/acb-athletisme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/photo-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2924\" src=\"https:\/\/acb-athletisme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/photo-1.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"235\" \/><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/acb-athletisme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/photo2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2925 alignright\" src=\"https:\/\/acb-athletisme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/photo2.jpg\" alt=\"\" width=\"337\" height=\"338\" \/><\/a><a href=\"https:\/\/acb-athletisme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/photo3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2926\" src=\"https:\/\/acb-athletisme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/photo3.jpg\" alt=\"\" width=\"491\" height=\"375\" \/><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/acb-athletisme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/photo4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2927 alignright\" src=\"https:\/\/acb-athletisme.fr\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/photo4.jpg\" alt=\"\" width=\"398\" height=\"303\" \/><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>2017-2018, Ultras DANTESQUES\u00a0! L&rsquo;ultramarin en video : Cliquez ICI Millau Petit Flashback 30 Septembre, devant la mairie de Millau, l\u2019\u00e9quipe ACB au complet prend le d\u00e9part devant Mme Laura Flessel, Ministre des Sports, impressionn\u00e9e par toute cette foultitude de coureurs pr\u00eats \u00e0 en d\u00e9coudre avec les 100 bornes. Certains nous regardaient de travers, nous prenaient &hellip; <a href=\"https:\/\/acb-athletisme.fr\/?p=2923\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Millau 2017- Ecotrail 2018 &#8211; Ultramarin 2018<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[70,46],"tags":[],"class_list":["post-2923","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recitroute","category-recittrail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2923","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2923"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2923\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2931,"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2923\/revisions\/2931"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2923"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2923"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/acb-athletisme.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2923"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}