TRAIL DES COURSIERES

13 mai 2017 – TRAIL DES COURSIERES – Mon premier ultra de plus de 100km bouclé !

Bonjour à tous,

Il y a un peu plus de 2 semaines je m’élançais sur mon premier trail de plus de 100km, le Radicatrail, un trail normand de 114km et 3400m D+. Blessé aux genoux une bonne partie de l’hiver, j’avais repris l’entrainement doucement 4 semaines avant l’échéance. Trop peu pour espérer aller au bout de ce trail bien surnommé « Radicassant » (effectivement très cassant pour les jambes et le mental).  Bilan, arrêt au 58ème km avec une méchantes crampes au mollet droit que j’ai traînée 20 bornes. L’objectif de ce trail était de glaner les 5 points UTMB promis aux finisher.

Un peu frustré par ce résultat, j’ai donc décidé de prendre ma revanche 2 semaines plus tard sur le trail des Coursières sur les hauts du mont Lyonnais. Un 102km avec 4000m D+ et toujours les 5 points UTMB comme objectif.

Je me suis donc retrouvé, avec ma compagne, au départ de ce trail samedi  13 mai à 5h00 du matin.

Après un départ prudent dans la nuit, nous commençons mal est ratant une balise et en suivant un groupe d’une trentaine de coureurs… avant de nous apercevoir quelques centaines de mètres plus loin que l’on n’est plus sur le parcours… C’est ça aussi le trail 😉 Retour arrière, on revient sur le parcours, un peu agacés par la perte de temps, vu les barrières horaires serrées imposées sur les premiers ravitaillements. Mais ce n’est que le début de course, il reste encore beaucoup d’heures de courses en perspective.

Le premier ravitaillement intervient à Yzeron, au km 26 après 1180mD+. Bouclé en 3h45, tout va bien, pas de pépin particulier. Je recharge en eau et repart vers Duernes avec en ligne de mire la première barrière horaire en ligne de mire. La barrière est fixée à 5h30 de course pour 36km et 1600mD+. Nous passons avec quelques minutes de retard mais l’organisation nous autorise à repartir. Sympa.

Pour le coup, nous repartons en gérant un peu mieux l’allure, jusqu’à la barrière suivante située à mi-course environ, au km 54,5 et 2046m D+. La barrière est fixée à 8h30 de course. Sur les coups de midi nous prenons une grosse averse et nous retrouvons trempés. Les chemins étaient déjà très boueux. Là on est carrément dans la version « mudday » ou « Barkley’s » de la course. Nous passons finalement la barrière horaire du 54ème km avec un bon quart d’heure d’avance. Notre sac laissé au départ, nous attend avec des vêtements secs et des ravitaillements (barres, gels).Je me change et là, je me rends compte que j’ai le dos totalement irrité par la transpiration et le sac de trail. La sensation de brûlure est forte et je dois redoubler d’effort pour enlever le tee-shirt mouillé qui est littéralement collé à ma peau. Ça m’était arrivé déjà aux Templiers mais pas à ce point là. Je me dis que ça risque d’être handicapant pour la suite. Il reste 49km et 2000m D+ encore…
Nous repartons finalement de la base de vie, à l’assaut de la montée vers Le Carteron (66ème km).

Là les jambes commencent à donner des signes de grosse fatigue. Le mental commence à cogiter. Le Radicatrail d’il y a 2 semaines est encore dans les jambes. La phase de récup’ a été courte. Heureusement, ma compagne a encore du jus et m’entraine dans sa foulée. On court encore dans les descentes et sur le plat. Obligés sinon la prochaine barrière horaire, fixée à 13h au 76,6km ne sera pas franchie à temps.

66ème km, Ravito n°4. 11h18 de course. Nous repartons de suite (un plein d’eau seulement en 2mn) vers la prochaine barrière horaire à 76,6km et 3000m D+ à franchir en 13h00 maximum. Il nous reste donc 10 bons km et environ 300m D+ à faire en 1h40. Cela parait largement jouable en temps normal mais là on est sur un terrain couvert de boue. Les descentes sont de vraies patinoires, dangereuses. Les montées ardues (glissades assurées). Le dos me brûle et les orteils commencent à taper fort dans les chaussures tandis que mes pieds semblent maintenant bien trop gros pour mes chaussures ;-)… Bref, les effets de la distance et du dénivelé accumulés commencent sérieusement à se faire sentir. Le mental n’est pas non au top, mais je m’accroche en me disant qu’une fois au km76 le gros du parcours aura été fait et il ne restera qu’une grosse difficulté à avaler.

Finalement, nous arrivons au km 76,6 en 13h02, soit 2mn après la barrière fixée. Les organisateurs, voyant que malgré tout nous courons toujours ma compagne et moi, nous laissent repartir.

Au 86ème km nous passons encore une fois juste niveau barrière horaire. 15h16 de course,  3300mD+. Cependant, les jambes sont revenues. C’est simple, quand je cours je ne les sens même plus. J’en profite pour trottiner des les portions plates et descentes malgré le terrain pourri. Les peids font vraiment mal mais sur le moment je n’y attache pas d’importance. Il ne reste plus grand-chose avant la délivrance.

La nuit tombe, on remet la frontale. Et c’est parti pour la dernière portion.

Nous avons maintenant 1h45 pour rejoindre le prochain et dernier ravito et aussi dernière barrière horaire !

400mD+ et 7,5km plus loin voilà le dernier ravito. Une petite lueur au loin dans la nuit. J’y attend ma compagne qui est quelques dizaines de mètres derrière. Il faut qu’on passe la ligne ensemble !

On repart rapidement de ce dernier ravito, heureux de savoir maintenant que l’on va aller au bout ! Il est 21h45. Il fait nuit, l’orage gronde et quelques gouttes commencent à tomber. Nous nous relançons dans la forêt pour cette dernière portion. Un organisateur, Georges, nous rejoint vite pour nous accompagner sur les dernier 9km.

La dernière montée nous rappelle furieusement la montée vers Le Cade aux Templiers. Des rochers énormes que l’ont grimpe  4 pattes ! Aux Templiers j’avais fait ça également de nuit. Mais au sec…

Finalement, après les interminables derniers kilomètres, nous franchissons la ligne, heureux, en 18h53. Il est près de minuit. Nous courons depuis 5h du matin ! 102,3km, 3882mD+.

Mon corps est une immense courbature ! Mais content d’être venu à bout de ce premier trail de plus de 100km, de plus sans vraiment de préparation ! Promis, la prochaine fois je me préparerai mieux. 😉

Bilan :

Un trail magnifique, des paysages superbes et une organisation parfaite avec des bénévoles vraiment sympas.

Une course éprouvante physiquement et moralement. J’ai beaucoup appris sur moi-même pendant ces heures sur les sentiers, notamment que les moments difficiles sont toujours passagers et que les jambes finissent toujours par revenir à un moment ou un autre. Donc, s’accrocher dans ces moment là, ne rien lâcher et se dire que « ça va revenir ».

3 jours après cette course, les courbatures ont disparues. Les jambes vont bien. Reste à bichonner encore mon petit orteil droit toujours un peu sensible (ongle noir). Côté irritations et brûlures sur le dos, elles cicatrisent et ça va déjà beaucoup mieux. Je vais devoir régler ce point pour les prochaines échéances et trouver une solution pérenne pour éviter ces échauffements et irritations dues à la transpiration.

Prochain trail prévu le 17 juin. L’utra Trail de Samoens, un 85km avec 6400m D+. Avec des paysages magnifiques en perspective et des passages à 2600m d’altitude.

A bientôt

Jean Luc

 

 

5 thoughts on “TRAIL DES COURSIERES”

  1. Lorsque Jean-Luc nous a envoyé un mail pour nous dire qu’il venait de boucler un 100 bornes je lui ai proposé de faire un article : quel article !!! bravo JL…on est dans la course !!

  2. Un grand bravo Jean-Luc ainsi qu’à ta compagne. Tu es un vrai guerrier pour enchaîner ces longs trails comme ça. Bonne course pour le prochain et on attend le récit.
    A plus

    1. Merci « Anonyme » 😉

      Prochain challenge le 17 juin avec l’ultra de Samoens. Un peu moins long (85km) mais beaucoup plus de dénivelé (6200mD+). Une autre épreuve en perspective. Il va falloir encore repousser les limites (je n’ai jamais fait un tel dénivelé).

      A bientot
      JL

  3. Je suis admiratif!!!!! Je me demande à chaque fois, comment font-ils pour encaisser autant de souffrances? Chapeau Jean luc!

    1. Merci Dom !
      Effectivement, je me le demande aussi 😉
      Sur ce type de course, à un moment il faut débrancher le cerveau. Le mental prend le dessus sur le physique, indubitablement.

      A bientôt !
      JL

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